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mardi 19 mai 2015

Un petit boulot - Iain LEVISON


Quatrième de couverture : 
 
Une petite ville américaine est ravagée par la fermeture de l'unique usine, délocalisée au Mexique. Jake Skowran a non seulement perdu son travail, sa télé, son aspirateur, mais aussi sa petite amie, partie vers des cieux plus cléments... Pour ne pas perdre aussi sa propre estime, il est prêt à accepter n'importe quel "petit boulot", y compris celui que Ken Gardocki, bookmaker mafieux, lui propose : tuer sa femme. Avec sérieux et application il s'attelle à son nouveau travail... Un portrait au vitriol de l'Amérique des laissés-pour-compte. 
 
Iain Levison est l'auteur de A Working Stiff's Manifesto, un récit autobiographique. Né en Écosse, il a grandi aux États-Unis et vit à Philadelphie. Un petit boulot est son premier roman. 
 
"Jake est le nouveau héros des temps modernes... Ce Petit boulot pourait devenir un antidote à la déprime généralisée... un bestseller !" Martine Laval, Télérama
"Iain Levison a réussi, avec son premier roman, un coup de maître." Émilie Grangeray, Le Monde
"Noir et loufoque... une sacrée bonne surprise." Isabelle Lortholary, Elle 
 
*** 
 
Mon avis : 
 
Je suis tombée sur ce roman un peu par hasard, en flânant dans les rayons de la petite mais néanmoins charmante bibliothèque de mon bled. J'avais le souvenir d'avoir passé un excellent moment de lecture avec Arrêtez-moi là ! du même auteur, un court roman qui tordait le cou au système judiciaire américain, je n'ai donc pas beaucoup hésité avant de l'emprunter. Et je ne le regrette pas !
 
J'ai suivi Jack, anti-héros notoire, avec délectation tout au long de ses aventures. Quand tu perds ton boulot, que tes créanciers font saisir tes moindres possessions, que ton horizon est aussi dégagé qu'une colline pelée par temps d'orage, alors oui, tu es sûrement prêt à tout. Le petit boulot, histoire d'effacer une dette de jeu, n'est que la première étape ! Parce qu'après avoir tué la femme de Gardocki, Jack ne balance pas le flingue qui lui a servi à commettre son méfait dans la rivière, comme convenu... Et que, forcément, ça revient pour lui à mettre le doigt dans un engrenage qu'il ne maîtrisera pas. Enfin, peut-être que si, mais ça, pour le savoir, il faudra que tu ailles au bout de la lecture de ces 211 pages délectables.
 
J'ai bien évidemment songé au cinéma social anglais, avec ses films qui mettent en scène des chômeurs ne manquant pas d'idées pour améliorer le quotidien, mais aussi à l'univers barré des frères Coen, Fargo et The big Lebowski en tête. Oui, j'ai vraiment trouvé à ce roman un côté indéniablement cinématographique, à quand une adaptation ?
Ce livre a l'air léger comme ça, est définitivement très drôle, d'un humour teinté de noir comme je l'aime, mais surtout véhicule un propos profondément critique à l'égard du capitalisme débridé, de la société de consommation, du monde du travail. J'ai aussi adoré le côté amoral de cette histoire, le style jubilatoire de l'auteur y étant pour beaucoup : ça me fait toujours cet effet quand on parvient à écrire des choses pour le moins "dégueu" (oui, je sais, mais aucun autre mot ne m'est venu sur l'instant !) avec autant de légèreté ! J'aurais juste adoré que ça dure un peu plus longtemps.
 
Une réussite. Qui m'a donné envie de me jeter sur les trois romans de l'auteur que je n'ai pas encore lus.
Quoi qu'il en soit, je te le recommande sans hésiter.
 
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mardi 6 janvier 2015

La marque de Windfield - Ken FOLLETT


Quatrième de couverture : 

L'auteur de l'inoubliable fresque des Piliers de la Terre nous emmène ici au cœur de l'Angleterre victorienne.
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont témoins d'un accident au cours duquel l'un des leurs trouve la mort.
Ce drame va marquer à jamais les destins d'Edward, riche héritier d'une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, et de Micky Miranda, fils d'un milliardaire sud-américain.
Autour d'eux, des dizaines d'autres figures évoluent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d'argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité... 

Quand l'auteur de L'Arme à l'œil change d'époque et dépeint le Londres du XIXe siècle et ses Rastignac, sa plume se fait aussi noire que celle d'une Edith Wharton, peut-être même d'un Dickens.
Anne Pons, L'Express.

*** 

Mon avis : 

Traditionnellement ma première lecture de l'année est souvent marquante, ascendant excellente. Et visiblement, 2015 n'était pas décidée à déroger à la règle puisque ce roman, offert par MariChéri à Noël, m'a happée pour ne me relâcher qu'une fois la dernière page tournée.
À la fois polar et roman historique, ce livre m'a captivée de bout en bout. Et m'a offert une plongée dans l'Angleterre victorienne avec tout ce qu'elle a de fascinant, et plus précisément dans le Londres des finances d'alors.

Véritable saga s'étalant sur près de trente ans, l'ouvrage offre une galerie de portraits tous plus forts les uns que les autres, certains attachants, et d'autres pervers et redoutables, du genre qu'on adore détester. L'intrigue est machiavélique à souhait, bien des fois je me suis retrouvée quasiment le souffle court, à tourner les pages de façon frénétique pour savoir, vite savoir.
Et puis, le style de Follett, riche en descriptions, parfois même quasi journalistique, j'adore. Malgré deux ou trois petits accidents de traduction, fort heureusement regroupés dans le même chapitre, et qui n'ont finalement pas gâché mon plaisir.

Un excellent moment de lecture qui m'a donné envie de me plonger dans bien d'autres romans du même auteur.

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