dimanche 13 novembre 2016

Une semaine de Lecture #3

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Et vous, vos lectures de la semaine...?

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mardi 8 novembre 2016

Commissaire priseur - Simon de PURY


Quatrième de couverture :

Simon de Pury a connu et travaillé auprès de Ernst Beyeler qui passait pour le meilleur marchand et connaisseur d’art du XXe siècle. Il a été conservateur de la plus grande collection privée du monde, celle du Baron Thyssen-Bornemisza, à Lugano.

Son livre fourmille d'anecdotes et d'histoires de tous genres sur le monde des grands collectionneurs, des grands marchands et de ceux qui les entourent. Des millionnaires asiatiques à ceux de Wall Street, de la guerre ancestrale que se livre Christie et Sotheby's, à la façon de lancer un artiste.

Sa carrière proprement dite de commissaire-priseur ne commencera qu'en 1987, à Genève, avec la vente des bijoux de la duchesse de Windsor. Il organisera la première vente aux enchères à Moscou en 1988 et cela avant les oligarques ; une grande publicité pour Sotheby's qui fut "première en Russie, première dans le monde, de quoi enfoncer Christie's" !! 

À partir de là, son marteau sera son passeport. Il est le premier commissaire-priseur à opérer aussi bien à Londres, qu'à New-York. Il inventera des ventes aux enchères cocasses comme celle de la montre Swatch. En 1988, il arrachera à Christie's la vente des bijoux d'Albina de Boisrouvray née Patiño qui rapportera 100 millions de dollars, pulvérisant ainsi tous les records.

Un livre passionnant qui éclaire un monde qui n'étale pas ses secrets.

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Mon avis : 

L'art est un univers qui me fascine. Idem pour le monde des ventes aux enchères, te dit la fille qui est passée devant Drouot la semaine dernière, quasiment langue pendante sur le trottoir. Alors quand j'ai eu l'occasion de me plonger dans ce livre de Simon de Pury, je n'ai pas hésité une seule seconde.

Ce témoignage se lit à la fois comme un roman et comme un ouvrage d'histoire de l'art. Je n'ai pas réussi à en décrocher une seule seconde.

Simon de Pury était plutôt un élève médiocre, que rien ne passionnait vraiment jusqu'à ce qu'il découvre le monde de l'art. Un véritable coup de foudre qui décidé alors de son existence. Et c'est absolument de voir comment l'ont peut partir de presque rien pour devenir l'un des plus prestigieux commissaires-priseurs au monde. Un superbe récit de réussite qui te montre que la volonté combinée à la passion peuvent réaliser bien des choses.
Et pourtant, on ne peut pas dire qu'il ait été épargné tout au long de sa carrière. Sa réussite laisse vraiment bouche béée.

Quant au côté artistique, c'est juste un bonheur absolu. L'auteur dresse un passionnant tableau de l'art sur la deuxième moitié du XXe siècle, n'hésitant jamais à juxtaposer petite et grande histoire. Il nous promène dans les milieux de la création contemporaine, à la rencontre des plus grands collectionneurs d'art. Il m'a permis de faire des découvertes extraordinaires. Mais il ne parle pas que toiles et sculptures, les montres, les bijoux font aussi partie de son quotidien. On en prend plein les yeux, c'est tout à fait fascinant.

Tu l'auras compris, je te recommande ce livre sans réserve.
Merci à NetGalley et aux éditions JC Lattès pour ce superbe voyage au pays de l'art.

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dimanche 6 novembre 2016

Une semaine de Lecture #2

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lundi 31 octobre 2016

Regarde le trader tomber - Boris PICANO-NACCI


Quatrième de couverture :

"- Mais alors, pourquoi n'avez-vous pas arrêté, pourquoi avoir continué ?
Je n'ai d'abord pas bien compris sa question. Et puis après, j'ai compris. Il pensait que mon activité, c'est-à-dire la gestion d'un portefeuille de trading pour compte propre, c'était comme le casino. Il pensait que j'étais assis à mon poste comme on est assis à une table de black jack ou de baccara et que je pouvais prendre mes jetons, m'envoyer un dernier whisky, prendre mon cheval et quitter la ville quand j'en avais envie. [...] J'ai mis du temps à prendre conscience que beaucoup de gens pensaient que j'étais pris par la fièvre du jeu. Mais je n'avais pas la fièvre du jeu. J'essayais de garder mon sang-froid. En fait, j'étais plutôt sur un circuit automobile, dans un bolide lancé à trois cents kilomètres-heure... mais dans le mauvais sens.
"

Histoire d'un trader flamboyant qui en l'espace d'une journée va connaître le destin des anges déchus. Récit halluciné de l'une des affaires financières les plus "krachs" de ces vingt dernières années. 751 millions d'euros envolés en moins d'une semaine. Le cauchemar du front-office. Vendredi noir, donc, en ce 10 octobre 2008, où un opérateur de marché trop fougueux signe l'incroyable déroute d'une grande banque française et le début de son propre déclin. Car la faillite de Lehman Brothers, le krach des marchés actions et ce qui deviendra l'une des plus grosses pertes de trading de tous les temps ne sont pas une fin en soi. C'est au contraire le moment où le récit comme la réalité basculent en terre inconnue. La vie privé et l'économie mondiale se font écho dans cette perte de repères, cette descente aux enfers, la première entraînée par la froide mécanique judiciaire, la seconde par la finance mondiale en surchauffe. Dans cette chronique d'une débâcle annoncée, entre autofiction et fable morale, Boris Picano-Nacci brosse la fin d'un monde aliéné tout en se livrant à une introspection à vif, sans fard, émouvante d'honnêteté.

Economie mondiale qui s'affole, système bancaire survolté, amours perdues et amitiés retrouvées, tout ici va très vite, très haut, un peu comme un algorithme financier où se croiseraient l'avidité et la misère, le courage et la vanité.

Un document à l'écriture nerveuse : un anti Loup de Wall Street, paradoxal écho de la vie et des marchés financiers. On suit les événements minute par minute comme si on était dans la tête de l'auteur, les chiffres catastrophiques défilent, et on voit le vertige dans lequel il nous entraîne, depuis le début de la chute jusqu'à la garde à vue, où il tente de rester optimiste et de faire toujours bonne figure. On sent surtout la douleur de voir qu'il emmène sa famille dans son naufrage. Jusqu'à la chute finale, le départ de sa femme.

Né à Lyon, Boris Picano-Nacci a étudié les mathématiques appliquées à l'université Paris-Dauphine. Il intègre la direction financière d'un grand groupe bancaire en 2001 et devient en mars 2006 trader pour compte propre. En octobre 2008, à la suite du krach boursier provoqué par la faillite de Lehman Brothers, le portefeuille de produits dérivés actions dont il est responsable génère une perte de 751 millions d'euros. La justice le condamne à des dommages et intérêts du même montant. Aujourd'hui, il enseigne les mathématiques en école d'ingénieurs et à l'université à Paris. Ce récit est son premier livre.

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Mon avis :

Pour te la faire courte, Boris Picano-Nacci est à la Caisse d'Épargne ce que Jérôme Kerviel est à la Société Générale. Enfin, pour te la faire vraiment très courte, hein, la vérité est beaucoup beaucoup plus subtile que ça. Mais l'un comme l'autre sont des traders à l'origine de pertes records pour leurs employeurs. Et si le second a été sur-médiatisé, j'avoue, je n'avais jamais entendu parler du premier. Il faut dire que cette histoire a eu lieu pendant la crise de 2008 et qu'il y avait largement de quoi perdre la tête face aux vagues d'informations financières qui s'abattaient sur nous à ce moment-là.

Ce témoignage fort nous offre à voir en quelque sorte l'envers du décor. Il nous propose d'essayer de comprendre comment on peut, en quelque jours, perdre quelques 751 millions d'euros... Une somme vertigineuse pour le commun des mortels.
On est dans le bureau de Boris, chez lui, dans sa tête aussi. Et ces journées de crise enfiévrée parviennent à nous donner à nous aussi le tournis.
Les mécanismes boursiers sont bien sûr évoqués, mais jamais de façon trop absconse, ça ne freine en rien la lecture. Et la façon dont l'ouvrage est rythmé par les dépêches de Reuters concernant la situation de l'économie mondiale ajoute un je-ne-sais-quoi au ressenti que l'on peut avoir : je me suis sentie entraînée avec l'auteur dans son inéluctable chute.

Je n'ai pas trouvé ce livre extraordinairement bien écrit, mais c'est incontestablement aussi ça qui lui donne sa force. En revanche, j'ai été bluffée par la franchise et l'honnêteté du trader, qui a aucun moment ne cherche à minimiser ses actes, allant jusqu'à se montrer jusque dans les recoins les plus détestables de son personnage. Et ça, c'est tellement rare que ça mérite d'être salué.

Quelques jours après avoir terminé ma lecture, je continue de penser que les traders sont des boucs émissaires qui permettent aux établissement bancaires de s'en sortir à moindre frais. On peut difficilement en douter quand on apprend que le verdict de son procès a permis à la Caisse d'Épargne d'obtenir un crédit d'impôts astronomique propre à lui maintenir la tête hors de l'eau... On vit dans un de ces mondes...

Un témoignage sans concession et passionnant.
Sur le même thème, mais en mode fiction, je te recommande aussi les ouvrages suivants :
Comment j'ai liquidé le siècle, de Flore Vasseur
La fortune de Sila, de Fabrice Humbert

Merci à NetGalley et aux Presses de la Cité pour cette passionnante lecture.

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dimanche 30 octobre 2016

Une semaine de Lecture #1

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jeudi 20 octobre 2016

14 ans, harcelée - Mathilde MONNET


Quatrième de couverture :

De la sixième à la cinquième, dans l’indifférence de l’équipe éducative et cachant tout à sa famille, Mathilde endure insultes, brimades et humiliations quotidiennes au collège. Elle vit dans la honte, la peur, la culpabilité de ne pas savoir se défendre. Elle se débat au milieu de la haine pour pouvoir survivre et frôle à plusieurs reprises le suicide. Jusqu’au jour où elle trouve enfin une porte de sortie : l’écriture. 14 ans, harcelée est le journal de Mathilde, une adolescente précoce, qui décrit étape par étape sa longue descente aux enfers, l’acharnement et la violence, dont elle a été la victime.

Un document unique qui nous entraîne au cœur de la spirale du harcèlement scolaire et de la psychologie adolescente. Avec ses mots d’adolescente, Mathilde Monnet décrypte avec crudité ce terrible fléau qui touche un enfant sur dix et les pousse parfois à commettre l’irréparable.

Mathilde Monnet a 15 ans. Elle est actuellement en classe de seconde. Bonne élève et passionnée de lecture, 14 ans, harcelée est son premier livre.

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Mon avis :

À la fin du mois de septembre, France 3 a proposé une soirée thématique sur le harcèlement scolaire, en diffusant le téléfilm Marion, 13 ans pour toujours, suivi d'un débat. Je te l'avoue, je n'ai absolument pas eu le courage de me confronter à ces horreurs. J'ai pourtant bien conscience que ça arrive quotidiennement, à deux pas de chez moi, peut-être même à des enfants que je connais, les quelques images ou témoignages que j'ai pu voir ce jour-là sur les réseaux sociaux m'ont tellement ébranlée que mon cerveau a choisi de dire stop.
Mais malgré tout, le sujet est d'actualité et mes questions nombreuses. J'ai donc été ravie de pouvoir lire cet ouvrage peu de temps avant sa sortie.

Marion est une petite fille comme les autres. Enfin, de mon point de vue, du point de vue de l'immense majorité des gens. Marion, en fait, elle souffre depuis la naissance d'une déformation de la mâchoire, une toute petite chose qui n'a l'air de rien, comme ça, à nos yeux d'adultes, mais aussi une toute petite "faille" dans laquelle vont s'engouffrer quelques gamins mal intentionnés.
Mal intentionnés, même pas, puisqu'au départ, tout ceci n'est pour eux qu'un jeu. Et puis, Mathilde n'est pas habillée à la mode, Mathilde élève des crevettes... Tout est prétexte à la discriminer. Mais s'il n'était question que de ça...

Très vite, aux mots s'ajoute la violence. Des mots, puis physique. Insupportable, par principe. Inimaginable, dans ce que Mathilde décrit, j'ai eu du mal à parvenir à la fin de certaines pages. Une violence de groupe, ayant lieu jusque pendant les cours (mais que fait donc le prof de gym...?), qui laisse des traces, dans tous les sens du terme. La jeune fille a notamment reçu tant de coups portés à la tête qu'elle souffre de migraines, d'acouphènes aussi.
Bref, Mathilde est devenue une souffre-douleur à laquelle ses "camarades" ne laissent aucun répit. Le récit qu'elle fait de son quotidien est terrifiant.

Je peux comprendre que l'enfant harcelé fasse tout pour cacher ce qu'il endure, à ses professeurs ou à ses parents. Je ne l'admets pas mais suis capable de le comprendre. On ne pourra en revanche pas me convaincre que certains enseignants n'ont rien vu, je pense bien évidemment au prof d'EPS cité plus haut.
Mais je suis aussi indignée quant aux réactions du collège une fois que la jeune fille a décidé de porter plainte dans l'espoir de mettre fin à son calvaire. De la proviseure de l'établissement, à l'infirmière scolaire en passant par les assistantes sociales, celle officiant au collège et celle de l'académie, je ne sais pas qui a l'attitude la plus inadaptée en réponse au calvaire vécu par Mathilde.
En aucun cas je ne généralise bien sûr, ça a valeur d'évidence mais il est toujours bon de le préciser. Il est certain que ce qui est arrivé là n'est en aucun cas une généralité. Mais je trouve l'histoire édifiante.

J'ai été bluffée par le courage de Mathilde, je me serais effondrée pour bien moins que ça, même à mon âge canonique. Non seulement elle n'a jamais cédé, ni à ses agresseurs, ni à ses envies de suicide, mais elle a tenu tête jusqu'au bout à ceux qui voulaient la faire changer d'établissement, qui lui demandaient de s'interroger sur sa responsabilité dans cette affaire, qui finalement la traitaient comme une coupable plus que comme une victime.
Ceci n'est en aucun cas une réponse à apporter à en enfant harcelé.

Puisse son histoire délier des langues, amener les adultes à s'interroger, le corps enseignant à repenser la façon d'aborder le problème du harcèlement scolaire et porter bien d'autres enfants victimes vers la lumière.

Et merci à NetGalley et aux Éditions Mazarine pour cette lecture qui m'a amenée à beaucoup me questionner.

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samedi 23 avril 2016

Camille, mon envolée - Sophie DAULL


Quatrième de couverture :

Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d'une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard "franc, droit, lumineux", les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l'après, le vide, l'organisation des adieux, les ados qu'il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent... Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l'enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin d'être l'épanchement d'une mère endeuillée ou un mausolée - puisque l'humour n'y perd pas ses droits -, ce texte est le roman d'une résistance à l'insupportable, où l'agencement des mots tient lieu de programme de survie : "la fabrication d'un belvédère d'où Camille et moi pouvons encore, radieuses, contempler le monde".

"Dans les jours d'après, nous distribuerons tes soixante-dix-sept peluches, une par une ou deux par deux, à des fossés dans les campagnes, à des clairières, à des rochers. C'est joli, ces ours, ces lapins, ces petits chats abandonnés sur les tapis de mousse, prenant la pluie sous les marguerites."

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Mon avis :

Le malheur des autres, j'ai beaucoup de mal avec. Pour plusieurs raisons, la première étant mon sens de l'empathie sur-développé : je prends trop facilement à mon compte peine et douleur, j'ai beau essayer de me raisonner, il n'y a rien à faire. Ce serait supportable si ce n'était pas aussi intense et par conséquent, ingérable. C'est pourquoi, ce livre et moi, nous n'avions a priori aucune chance que nos routes se croisent. Et puis, je suis comme on dit "tombée" sur son auteur à la télévision, je crois que c'était dans La Grande Librairie. Et j'ai trouvé qu'elle parlait de sa fille disparue aussi rapidement que tragiquement d'une façon tellement dénuée de pathos que je l'ai instantanément admirée pour ça. Que j'ai voulu la lire aussi.

Il faut dire que Sophie Daull a connu un autre grand malheur avant le décès de sa fille unique, mais ça, je ne te le dis pas, enfin pas tout à fait, tu le découvriras au fil de ta lecture. C'est beau, c'est lumineux, évidemment rempli d'amour jusqu'à en déborder. On n'est jamais vacciné contre la douleur de l'absence, particulièrement quand celle-ci est aussi injuste. Mais que cette maman le dit bien... Un livre bouleversant que je te recommande vivement, tu l'auras compris.
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